De Cracovie à Częstochowa

Les frères Grégoire, Albert, Charles et Olivier racontent leur séjour en Pologne:

Mardi 30 juillet: arrivée à l’aéroport de Cracovie par un temps radieux. Nous rassemblons nos deux ou trois mots de polonais appris dans l’avion et nous nous laissons accueillir par deux frères venus nous chercher en voiture. Nous sommes très impressionnés par le couvent: construit au XIIIème siècle, il a vu passer, de manière ininterrompue, des centaines de frères dont les portraits viennent occuper le grand couloir central. Une vie joyeuse, détendue, ancrée dans une solide tradition. Nous découvrons avec respect et émotion le tombeau de saint Hyacinthe qui veille depuis des siècles sur cette communauté. Nous consacrons les trois premiers jours à la découverte de Cracovie et de ses environs: mines de sel de Podalina soli, sanctuaire de la Miséricorde de sœur Faustine, multiples églises baroques de la ville, le château et la cathédrale du Wawel, Wadowice (ville natale de Jean-Paul II omniprésent sur cette terre qui l’a vu naître). Nous avons décidé de nous rendre à Auschwitz: les images de nos livres d’histoire rencontrent une réalité encore plus terrible. Tout dit en ce lieu la mort et le retrait de Dieu: atrocité palpable, silence recueilli devant l’horreur du massacre. Dans la simplicité et le dépouillement d’une cellule d’extermination, le mémorial de Maximilien Kolbe, témoin d’une humanité qui refuse la barbarie et se donne.

Samedi: le pèlerinage commence. Départ du couvent pour Częstochowa: 180 km en 7 jours sous une température moyenne de 35°C… Nous accompagnons le groupe des moins de 19 ans. Un groupe « brillant » selon l’expression d’un frère du couvent. Chants joyeux, prière, enseignements sur un chemin qui emprunte souvent les grandes routes nationales, témoignage des « frères français » sur leur vocation et l’état de l’Église de France dont ils entendent beaucoup parler. Petit à petit nous prenons contact avec ces jeunes venus de toute la Pologne à travers les aumôneries animées par les frères. Nous sommes marqués par leur très grande foi simple et profonde, pieuse et théologiquement solide. Ici, la foi est naturelle, semble-t-il, et sur cette route ils viennent chercher Dieu. Sur le bord de la route, les gens s’arrêtent pour nous saluer tandis que les cloches des églises viennent rythmer notre passage. Il y aurait tant à dire… L’accueil des familles chaque soir où nous sommes reçus comme les trois visiteurs d’Abraham, les délices de la cuisine polonaise, la gentillesse de nos hôtes. Nous fêtons dignement la saint Dominique sur un grand terrain: les frères reçoivent en remerciement des colliers de bonbons. Vient déjà le temps du bilan avant d’entrer le lendemain à Jasna Góra, le sanctuaire de Notre-Dame qui sauva la ville et la Pologne tout entière de l’invasion ennemie. On nous tresse une couronne de fleurs: c’est la tradition lorsqu’on se rend pour la première fois dans le sanctuaire. Le dernier kilomètre se fait en courant. Il est temps de déposer la couronne de notre vie au pied de Marie et de célébrer une messe d’action de grâce dans la chapelle où se trouve la célèbre icône. De ce pèlerinage resteront de multiples souvenirs: une Église vivante et croyante qui avance ensemble sur les routes du salut, un peuple chaleureux et accueillant. (Plus de photos)

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