de l’art de cultiver un diacre

ordination du fr. Nicolas 3Samedi 26 octobre 2013 au couvent d’Ottawa, le frère Nicolas Burle a été ordonné diacre en vue du sacerdoce par Mgr Paul-André Durocher, archevêque de Gatineau. Le frère Nicolas témoigne de la mission qu’il vient de recevoir.

Jésus leur disait encore cette parabole :
« Un homme avait un figuier planté dans sa vigne. Il vint chercher du fruit sur ce figuier, et n’en trouva pas. Il dit alors à son vigneron : ‘Voilà trois ans que je viens chercher du fruit sur ce figuier, et je n’en trouve pas. Coupe-le. A quoi bon le laisser épuiser le sol ?’ Mais le vigneron lui répondit : ‘Seigneur, laisse-le encore cette année, le temps que je bêche autour pour y mettre du fumier. Peut-être donnera-t-il du fruit à l’avenir. Sinon, tu le couperas.’ » (Luc 13,6-9)

Pour faire éclore un diacre prenez un néophyte, un jeune pousse, et arrosez-le d’études pendant cinq ans. Ne lésinez pas : il finira bien par développer des racines suffisamment nombreuses pour tout absorber. Mais n’oubliez pas, avant tout, de lui apprendre à se nourrir dans la prière afin qu’il développe des racines profondes. Alors il pourra résister aux tempêtes et puiser au plus profond l’eau des études. Là où elle est la plus pure, loin des eaux boueuses et mêlées de surface.

Choisissez avec attention les tuteurs qui lui montreront comment pousser tout droit vers le ciel : il faudra être élancé et bien enraciné, souple et résistant, fructueux et patient. Pour cela faites-le grandir dans de belles pépinière de frères de tous âges pour lui montrer que les crises de croissance n’ont qu’un temps et qu’elles n’empêchent pas les vrais arbres de pousser jusqu’au Ciel.

Après plusieurs années de fructification, interrogez la pépinière fraternelle pour savoir s’il est mûr et allez voir l’évêque de votre région qui sera chargé de l’ordonner. Si vous avez de la chance, vous aurez Mgr Durocher comme jardinier qui, avec grande délicatesse, s’occupera du jeune figuier pour l’encourager à toujours donner du fruit. Et du fruit en abondance. Lorsqu’il sera prêt à s’engager à tout donner pour devenir le serviteur de tous à travers la prière, la charité et la proclamation de la foi, rassemblez-vous autour de l’évêque pour prier pour lui et demandez à Dieu qu’il devienne un nouvel Elzéard Bouffier, un homme qui plantera lui-même de nombreux arbres.

« Quand je réfléchis qu’un homme seul, réduit à ses simples ressources physiques et morales, a suffi pour faire surgir du désert ce pays de Canaan, je trouve que, malgré tout, la condition humaine est admirable. Mais, quand je fais le compte de tout ce qu’il a fallu de constance dans la grandeur d’âme et d’acharnement dans la générosité pour obtenir ce résultat, je suis pris d’un immense respect pour Elzéard Bouffier, ce vieux paysan sans culture qui a su mener à bien cette œuvre digne de Dieu. » (Jean Giono, L’homme qui plantait des arbres)

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