des nouvelles de Puerto Maldonado

Le frère Marc nous donne des nouvelles de son stage pastoral à Puerto Maldonado au Pérou.

LaberintoCela fait maintenant un bon mois que je me trouve au Pérou où je passe l’année qui suit mes vœux perpétuels. Après une courte escale à Lima qui m’a permis de faire un peu connaissance avec la culture et l’histoire du Pérou, j’ai continué mon voyage vers Puerto Maldonado, une ville d’environ 100.000 habitants dans la forêt tropicale. Il va sans dire que par conséquent le climat y est tropical ce qui a nécessité une phase d’adaptation. Même venant de Lille, je trouve qu’il pleut beaucoup mais autrement et la température ne baisse guère en ces moments. Dans un coin un peu tranquille se trouve un petit couvent de 6 frères hébergeant aussi un prêtre diocésain espagnol  qui sont en charge de la paroisse de la cathédrale. L’un des frères résidant au couvent est d’ailleurs l’évêque en charge de ce diocèse. Parmi de nombreuses activités, il revient notamment aux frères de s’occuper des gens qui habitent dans des zones de la forêt difficilement accessibles.

J’ai pu participer récemment à une telle visite, ce qui a été fort impressionnant. Déjà qu’il y a indéniablement un dépaysement entre une ville de France et la ville d’ici, il faut dire que visiter les gens des hameaux dans la forêt est encore un cran au-dessus. Beaucoup de leurs habitants sont investis dans la mineria, c’est-à-dire sont des chercheurs d’or. Mais la technique mise en œuvre n’est pas celle de creuser la terre pour chercher des filons d’or, il s’agit par contre d’aspirer le sable du fond du fleuve et de le passer sur une rampe sur laquelle de très fines particules d’or vont se déposer. Il n’est donc techniquement pas possible de trouver un jour le gros monceau, ce qui fait que la situation des chercheurs d’or n’est même pas associée à une richesse rapide, comme nous l’imaginons facilement en pensant à une ruée vers l’or. Les communautés que nous avons visitées vivent dans des conditions très rudimentaires, apparemment sans vraiment s’en plaindre. De manière anecdotique mais tout de même significative, la seule chose qui est toujours fonctionnelle est une radio ou une télé pour diffuser de la musique « à fond la caisse ». Ces visites ont un objectif double, partager avec ses gens la Parole de Dieu et voir ce qui peut être fait pour améliorer leur condition, tout en rappelant qu’il est essentiel que de leur part ils prennent l’initiative de s’organiser, ce qui n’est pas toujours facile à cause de la fatigue et/ou de la résignation ambiante.

Pour le reste je vois se profiler un temps de l’avent un peu différent de ce que j’ai connu : il ne fera pas froid et le jour ne baissera pas plutôt (ce sera 18h comme toujours). À voir donc comment aider les gens à vivre ce temps fort un peu en dehors de leur routine…

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