interview du frère Nicolas Burle

frère Nicolas

Le frère Nicolas Burle sera ordonné prêtre à Tours avec quatre autres frères le 29 juin prochain. C’est l’occasion pour Tabella de l’interviewer sur ses impressions et son parcours.


Tu viens de finir tes études à Lille, à Strasbourg puis Ottawa. Y a-t-il un thème, approfondi durant ces études, que tu as particulièrement envie de transmettre aujourd’hui ?

Ce que j’ai découvert durant ces six années, c’est que les études peuvent rendre heureux ! Ce n’était pas exactement ce que j’avais vécu en école de commerce… Certains cours m’ont laissé dans un sentiment, étrange et très agréable, à la fois de paix intérieure et de bouillonnement intellectuel. L’autre leçon, c’est de trouver des mentors, vivants et morts, pour apprendre la vie auprès de ceux qui ont fait l’expérience de la vie. Les grandes œuvres de théologie (saint Thomas d’Aquin évidemment !) mais aussi d’excellents romans (les Mémoires d’Hadrien, Journal d’un curé de campagne, Voyage au bout de la nuit, toute l’œuvre de Zweig,…) pour apprendre sur Dieu, sur moi et sur les autres.

Au moment de regarder ces années, je pense que le fil rouge de mes études aura été de répondre aux questions qui m’étaient posées lors de rencontres et pour lesquelles j’avais avoué n’avoir pas de réponse satisfaisante : « Dieu et la violence dans la Bible », « Faut-il connaître le Christ pour être sauvé? » mais aussi « Peut-on prêcher l’évangile à tout le monde? » qui fut le sujet de mon mémoire depuis deux ans.

Comment te sens-tu à la veille de ton ordination sacerdotale ?

Entre un atterrissage et un décollage! Je viens de rentrer de deux ans d’études au Canada et j’atterris au couvent de Tours aussi longtemps qu’on me demandera d’y vivre. En même temps, je me sens tout petit face à cette nouvelle et immense mission qui me sera confiée et qui va certainement transformer ma vie. Si l’Église est bien un hôpital de campagne, je me sens un peu comme un brancardier sur un champ de bataille qui doit aller soigner tous ceux qui veulent bien être sauvés. Avec une différence essentielle : nous ne sommes jamais seuls. Non seulement Dieu est là mais aussi tous ces hommes et ces femmes qu’Il mettra sur ma route pour m’apprendre à être prêtre. C’est ma prière aujourd’hui.

Comment s’articule, selon toi, la vie religieuse dominicaine avec le ministère de prêtre ?

Je me sens tout d’abord profondément frère dominicain. Frère parmi les frères prêcheurs. À l’image de Dominique, nous sommes envoyés pour prêcher la miséricorde et pour célébrer la miséricorde dans les sacrements. Miséricorde du Père qui nous sauve et nous adopte le jour de notre baptême. Miséricorde du Fils qui se donne à nous corps et sang dans l’eucharistie. Miséricorde de l’Esprit Saint envoyé pour pardonner nos péchés confessés et nous montrer de quel amour nous sommes aimés. Je médite chaque jour depuis que j’ai été appelé à l’ordination ces versets de saint Paul aux Corinthiens :  » Si donc quelqu’un est dans le Christ, il est une créature nouvelle. Le monde ancien s’en est allé, un monde nouveau est déjà né. Tout cela vient de Dieu : il nous a réconciliés avec lui par le Christ, et il nous a confié le ministère de la réconciliation. » (2 Cor 5,17-18) Amen!

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