3 questions au frère Marie-Augustin, qui sera ordonné prêtre le 27 juin prochain

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Le frère Marie-Augustin lors de son ordination comme diacre

Le frère Marie-Augustin Laurent-Huyghues-Beaufond, actuellement en stage diaconale au couvent de Helsinki (Finlande) en Finlande, sera ordonné prêtre le samedi 27 juin prochain.

Que faisais-tu avant de devenir dominicain ? Comment est-tu venu à l’ordre dominicain ?

Après des études d’ingénieur à Paris, j’ai travaillé au Japon pendant un an dans l’ingénierie informatique, puis deux ans en France dans un cabinet d’audit financier, avant d’entrer au noviciat à Strasbourg en 2008. Je cheminais depuis de nombreuses années avec le Service des Vocations du diocèse de Paris, sans que je ne me décide à franchir le pas : je me sentais appelé à être prêtre depuis longtemps mais ne me voyais pas prêtre diocésain. Je discernais aussi un appel à la vie fraternelle, mais qui n’était pas la vie monastique, car je voulais aussi une vie apostolique, et j’ai pour cela fréquenté un certain temps une congrégation de missionnaires. Je pataugeais un peu. C’est un ami qui m’a fait lire un ouvrage sur les dominicains. Ce fut un choc et une révélation : une vie apostolique et contemplative, faite d’étude personnelle et de vie fraternelle ; j’avais l’impression de résoudre ma quadrature du cercle ! Cette lecture en a appelé d’autres sur St Dominique et sur l’Ordre, puis très rapidement une rencontre avec les frères du couvent de l’Annonciation à Paris. Quatre mois après, j’entrais au noviciat. Bref, c’est plutôt l’ordre qui est venu à moi, après que je l’ai longtemps cherché !

Tu seras ordonné prêtre fin juin. Tous les dominicains sont-ils prêtres ? Comment comprends-tu le fait d’être à la fois religieux et prêtre ?

Non, tous les frères ne sont pas prêtres, et c’est heureux : nous sommes frères avant d’êtres prêtres. Ce qui nous enracine dans l’Ordre, ce sont nos vœux, comme les sœurs ou les laïcs dominicains. Cependant, être prêtre me paraît assez naturel dans l’Ordre : notre mission, telle que Dominique l’a voulue et telle que l’Église l’a approuvée, est de prêcher l’Évangile du Salut, de témoigner de la miséricorde en essayant de la vivre ensemble ; il est alors naturel de pouvoir, dans les sacrements, poser les actes efficaces du Salut que nous annonçons, et donc d’être prêtre. Mais la vie dominicaine ne se réduit heureusement pas à cette dimension : il nous faut prêcher par la parole et par l’exemple, et notre première prédication est notre vie commune.

Justement, pour toi, la vie dominicaine qu’est-ce que c’est ?

C’est d’abord une tension, entre d’une part la vie régulière au couvent faite de temps fraternels (office, repas, chapitre) et personnels (étude et prière), et d’autre part les appels auxquels nous répondons pour aller prêcher à l’extérieur. Cela m’a frappé lorsque j’ai découvert l’Ordre, et je me rappelle avoir pensé que ce serait difficile de trouver l’équilibre. Les années passant, je ne cesse de mesurer combien c’est vrai.
Un autre aspect marquant de la vie dominicaine est notre gouvernement, avec cette note « démocratique » : le chapitre est un lieu de décision et un exercice de charité. On fait vœu d’obéissance à Dieu et aux supérieurs, mais aussi d’une certaine façon à ses frères, lorsqu’il faut trouver les moyens d’arriver à « l’unanimité des cœurs » chère à nos constitutions.
Il y enfin la joie qui me paraît importante. Cela fait un peu puéril, mais je crois qu’elle est un bon moyen de vérifier si la Bonne Nouvelle dont nous vivons et que nous annonçons est vraiment bonne. Cela bien sûr n’empêche pas la vie commune d’être parfois pesante, et exigeante…

marie-augustin ja gabriel osasuurennus

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