Une attente active… mais pas agitée

Deuxième dimanche de l’Avent, méditation sur la deuxième lecture de la messe (2P 8-14)

Dimanche dernier, frère Jokūbas-Marija nous mettait en garde contre un risque de tiédeur et de relativisme. Cependant il ne faudrait pas non plus tomber dans l’excès inverse, l’agitation. Car c’est bien l’agitation qui semble gagner les destinataires de la seconde lettre de Pierre…

Nous pouvons relever de manière très édifiante le contraste, mais aussi l’analogie qui existe entre l’attente inquiète de cette communauté chrétienne et le remue-ménage de notre société.

Si pour les premiers, le temps semble trop long, leur agitation traduisant le désir de voir arriver la gloire de Dieu, la Terre Nouvelle et les Cieux Nouveaux….

Pour nous aujourd’hui, le temps semble toujours trop court. Combien de fois disons-nous « je n’ai pas le temps. »  Notre agitation trahit une sorte de fuite en avant, cherchant ou bien la performance, ou bien le plaisir ou le remplissage angoissé de notre courte existence. Si nous venions à en douter, la période qui précède Noël nous le rappel de manière exacerbé.

Pourtant, ni l’une, ni l’autre n’est la bonne attitude. Jésus disait déjà : « Marthe, Marthe tu t’agites et tu t’inquiètes pour bien des choses, une seule est nécessaire. » (Luc 10, 41)

On a souvent interprété ce passage comme une opposition entre Marthe l’active et Marie  la contemplative…  mais …. Pierre nous aider à dépasser cette vision et permet de préciser cette unique chose nécessaire dont parle Jésus :

« Voyez quels hommes vous devez être, vivant dans la sainteté et la piété, vous qui attendez, vous qui hâtez l’avènement du jour de Dieu. En attendant sont retour, faites tout pour qu’on vous trouve sans tache, ni défaut, dans la paix ».

Voilà donc, d’après Pierre, le programme de vie ceux qui mettent leur foi et leur Espérance en Christ : cette attitude est avant tout attente. Une attente active, qui se déploie dans une vie sainte et qui donne la paix.

Comment incarner avec justesse ces dimensions dans nos vies d’Hommes pressés du XXIème siècle ?

  • Peut-être faut-il d’abord consentir à accommoder notre temps au temps de Dieu. Alors que pour nous, il n’y a pas assez de 24 heures dans une journée, pour Dieu mille ans sont comme un jour et un jour comme mille ans. Et, Pierre insiste, s’il semble tarder, c’est pour que tous se convertissent car le Seigneur ne veut qu’aucun pécheur ne se perde. Mystère de la patience et le l’espérance que Dieu porte à notre égard.
  • Ensuite, nos jours, nos heures et nos activités sont à évangéliser. L’enjeu est de demeurer en Christ en se remettant sans cesse en sa présence, ouvrant ainsi le dialogue intérieur qui procure la paix et le repos du cœur.
  • Enfin nous sommes invités à féconder le monde qui nous entoure en partageant la Bonne Nouvelle sans crainte, en semant aussi largement que possible les valeurs évangéliques et des bénédictions.

L’Avent est l’occasion de  nous rappeler que notre vie est marquée par une tension,  l’attente de cette terre nouvelle et de ces cieux nouveaux où règnera enfin paix et justice…

Sachons donc ajuster nos vies afin de mieux habiter notre temps qui est marqué par l’attente active, mais certainement pas agité où activiste, de la promesse du Seigneur…

Maranatha ! Viens, Seigneur Jésus !!!

Fr. Mathieu-Marie TROMMER, o.p.

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