Une attente joyeuse

Troisième dimanche de l’Avent, méditation sur la deuxième lecture (1 Th 5, 16-24)

Voilà bien une étonnante liste de courses de Noël ! Une sorte de bric-à-brac de recommandations…

En ce dimanche Gaudete, St Paul nous appelle à la joie. Elle est, dit-il, nécessaire pour nous préparer « pour la venue de notre Seigneur Jésus Christ ». S’il le faut pour accueillir dignement le Christ dans une semaine, nous avons intérêt à réfléchir un peu à la question.

I/ La joie, au-dessus de nos forces

« Soyez toujours dans la joie ». Toujours ? Qui en serait capable ? « Soyez toujours dans la joie », même quand tout va mal ? Même dans cette nuit où j’attends désespérément un signe de Dieu ?

Quand tout paraît dur. Quand je ne sais plus où je vais, quand j’aimerais bien être confirmé sur mon chemin. Quand tous les repères sont tombés et qu’en face, Dieu semble être ce grand inconnu. Quand je n’ai plus que la foi nue, sans rien comprendre à Celui en qui je crois.

Peut-être que tout ne va pas si mal, mais comment être « toujours dans la joie », « prie[r] sans cesse, rend[re] grâce en toute circonstance » quand Dieu semble si loin, et moi si perdu ?

II/ Pour notre joie, Dieu s’engage

« Soyez toujours dans la joie » c’est en fait un appel à la conversion que Saint Paul nous adresse. Cela correspond bien à l’appel de Jean le Baptiste entendu dans l’Evangile de ce dimanche. Soyez dans la joie, persévérez. Faites un pas, puis un autre.  Perçu comme un appel à la conversion, c’est déjà plus audible, plus envisageable.

Surtout, ce que Saint Paul nous dit ici, c’est que Dieu est avec nous sur ce chemin. L’appel à la conversion est doublé d’une assurance : Dieu nous accompagne. Et cela correspond bien à la prophétie d’Isaïe entendue en première lecture.

C’est Lui-même qui nous appelle à la joie, « c’est sa volonté sur nous dans le Christ ». Lorsqu’il dit « n’éteignez pas l’Esprit », c’est l’Esprit-Saint qui nous a déjà été donné et fait de nous des fils de Dieu. Oui, Dieu est avec nous sur ce chemin. Nous avons la promesse de Dieu ! « Il est fidèle, celui qui vous appelle ».

Dieu s’engage pour nous guider sur ce chemin où il nous invite. Et effectivement, nous pouvons crier vers lui, nous pouvons l’appeler quand c’est trop lourd, trop dur. Paul en témoigne, et nous témoignons à sa suite auprès des Hommes : quand nous l’appelons, Dieu est présent. Déjà, il nous répond.

Certes, c’est souvent discret. Parce que profond. J’aime me redire ces versets de confiance :

« Par la mer passait ton chemin,
Tes sentiers, par les eaux profondes
Et nul n’en connaît la trace » (Psaume 76)

« Dans les ravins, tu fais jaillir les sources,
L’eau chemine au creux des montagnes » (Psaume 103)

III/ Recevoir l’aide de Dieu

Dieu répond discrètement, souvent par un frère sur notre chemin. Cela implique de nous reconnaître vulnérable avec notre frère. De nous reconnaître dépendant de lui.

C’est justement quand nous nous reconnaissons vulnérables que nous sommes dans la bonne disposition pour accueillir la Promesse et le don de la conversion. Parce qu’en nous découvrant vulnérables, nous ne pouvons plus espérer que le secours, la promesse de Dieu.

Dans cette nuit de l’Avent dans cette nuit du Dieu lointain, nous attendons l’Incarnation, nous attendons Jésus. Et comment recevoir celui qui se fait vulnérable sans nous reconnaître nous-mêmes vulnérables, dépendants ? Nous recevons dignement le Christ lorsque nous espérons tout de lui.

IV/ La joie dans la nuit

Ainsi, dans le temps même où nous nous trouvons dans la nuit, vulnérables, et où Dieu nous paraît si loin et distant, nous sommes prêts à recevoir Dieu qui se fait proche, petit, accessible !

Il est, Lui, la source même de la joie à laquelle il nous appelle.

Voilà pourquoi St Paul peut nous dire « soyez toujours dans la joie », toujours. Parce que cette joie est possible dans la nuit. Cette joie est donnée dans la nuit ! Cette joie naît avec Jésus dans notre nuit.

Voilà, je crois, le chemin de la joie à laquelle St Paul nous convie :

  • Reconnaître que nous avons besoin de nous convertir,
  • Sur ce chemin de conversion, découvrir Dieu qui s’engage,
  • Avec ce Dieu qui s’engage, nous reconnaître dépendants,
  • Dans notre dépendance, accepter notre vulnérabilité,
  • Dans notre vulnérabilité, espérer sa Promesse,
  • Dans l’espérance découvrir Dieu, déjà avec nous.

Alors avec Marie, nous pouvons chanter :

« Le Puissant fit pour moi des merveilles
Saint est son nom » (Lc 1, 49)

fr. Alban Vallette d’Osia, op

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