L’obéissance du Christ et l’amour parfait

L’obéissance du Christ et l’amour parfait

Prédication sur la 2ème lecture du cinquième dimanche ce Carême

Fr. Augustinas Simanavičius, op

« Pendant les jours de sa vie dans la chair, il offrit, avec un grand cri et dans les larmes, des prières et des supplications à Dieu qui pouvait le sauver de la mort, et il fut exaucé en raison de son grand respect.

Bien qu’il soit le Fils, il apprit par ses souffrances l’obéissance et, conduit à sa perfection, il est devenu pour tous ceux qui lui obéissent la cause du salut éternel » (Heb 5, 7-9)

Ce récit fait allusion à l’agonie du Jésus. Deux épisodes dans les évangiles doivent nous intéresser spécialement. C’est la prière à Gethsémani et la vraie supplication sur la croix qui résonne jusqu’à aujourd’hui.

 

A Gethsémani selon une grande tradition, Jésus a vécu l’expérience de l’obéissance par excellence au Père. « Père, si tu veux, éloigne de moi cette coupe. Cependant que ce ne  soit pas ma volonté, mais la tienne qui se fasse » (Luc 22, 42). Pourquoi cette obéissance a-t-elle été nécessaire ? Pourquoi cette-t-elle obéissance qui finira par la violence et la crucifixion a-t-elle été nécessaire pour le Père, pour nous, pour Jésus lui-même ? Sans aborder toutes les recherches de théologie spéculative, je ne retiens que ceci : le père reçoit l’amour, le fils montre le plus parfait amour, et nous apprenons à aimer.

Son amour se révèle par son obéissance. Dans cette obéissance si radicale, avons-nous l’exemple de l’amour parfait ?  Je crois que c’est une très bonne question, car « nul n’a plus grand amour que celui-ci : déposer sa vie pour ses amis » ( Jn 15, 13). Qui sont ces amis dont parle Jésus ? Les enfants, les femmes, les hommes, les vieillards, les juifs, les païens, les samaritains, les « justes » et les pécheurs. Les boiteux, les malades, les possédés, les aveugles, et les sourds. Qui ai-je oublié ? Tous sont venus chez lui, et tous ont été accueillis. Par obéissance, il n’a pas choisi ceux qu’il aime. Avant la croix il l’avait affirmé: « nul n’a plus grand amour que celui-ci : déposer sa vie pour ses amis ». C’est sur la croix qu’il a révèle sa perfection : en étant absolument obéissant il a montré l’amour le plus parfait.

Suivant cet exemple de l’obéissance, nous aussi nous ne devons pas choisir qui aimer. Mais de nombreuses fois nous choisissons. C’est très facile d’être obéissant quand ce qui est demandé nous plait : cela ne nous pose pas de problème. Mais s’il faut faire ce qu’on ne veut pas ? Alors commence le drame…

 

Pouvons-nous aimer quand nous voyons des gens qui ne s’inscrivent pas dans nos projets? Pouvons-nous si librement accueillir ceux qui viennent vers nous ? Que faisons-nous avec tous ces gens qui nous dérangent, qui demandent plus d’attention que nous ne voudrions leur en donner ? Les réponses à ces questions sont comme les clous qui ont transpercé les mains et les pieds saints. Et ils continuent à les transpercer… nous utilisons toujours ces clous, quand nous ne voyons pas le Christ dans notre prochain. Ils sont réutilisables depuis 2000 ans… l’aveuglement est le même, seuls les gens changent et se remplacent.

En voyant cette folie qui naît de la nature humaine, Jésus ne peut pas dire autre chose que : « Père, pardonne- leur : ils ne savent ce qu’ils font » (Luc 23, 34). Et je suis sûr que Père a entendu cette supplication. Je suis sûr qu’il entend cette supplication encore aujourd’hui. Cela ne me dispense pas de la responsabilité pour mes erreurs, mais m’oblige à me corriger, à abandonner mes projets et à revenir au Projet de Dieu. C’est dans la loi d’amour, qui demande pas mal d’obéissance, qu’on trouvera la perfection et son accomplissement à l’image du Fils de Dieu.

 

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