Le courage du futur – Renouvellement des vœux simples de trois frères étudiants

Le courage du futur – Renouvellement des vœux simples de trois frères étudiants

« Revêtez-vous tous d’humilité dans vos rapports les uns avec les autres. En effet Dieu s’oppose aux orgueilleux, aux humbles il accorde sa grâce. Tenez-vous donc humblement sous la main puissante de Dieu pour qu’il vous élève quand le jugement viendra. Déchargez-vous sur lui de tous vos soucis puisqu’il s’occupe de vous. » (1 P 5, 5b-7)

 

Le mercredi 5 septembre dernier, au cours des vêpres, les frères Matthieu, Mathieu-Marie et Cyprien-Marie renouvelaient leurs vœux pour deux ans entre les mains du fr. Philippe Toxé, prieur du couvent de Lyon. Voici l’homélie prononcée à cette occasion :

 

« Chers frères,

Si nous sommes réunis ce soir, c’est parce qu’il y a un peu plus de 160 ans, le 19 mars 1857, donc quelques 3 mois après l’arrivée du Père Danzas et des premiers frères en ces lieux, Pie IX imposait, par le décret Neminem latet, aux religieux hommes une profession temporaire de 3 ans après le noviciat avant de pouvoir faire profession solennelle, obligation qu’il sanctionnera ad validitatem de cette dernière, par la constitution Ad universalis Ecclesiae du 7 février 1862. Depuis lors, nous vivons sous ce régime, la période des vœux simples pouvant aller jusqu’à 6 voire 9 ans. Et ce soir, comme vous l’avez déjà fait à la fin de votre noviciat, vous allez professer votre volonté de suivre le Christ à la manière de Dominique, selon le chemin balisé par l’Évangile, la règle de Saint Augustin et les constitutions des Prêcheurs. Ce ne sera ce soir, encore que pour 2 années, parce qu’il est important de prendre son temps avant de s’engager définitivement, pour le faire le plus librement possible.

Dans son mémoire pour le rétablissement de l’Ordre des Prêcheurs en France, notre frère Henri-Dominique Lacordaire écrivait au sujet des vœux religieux dans lesquelles les héritiers des lumières voyaient une atteinte à la dignité et à la liberté de l’homme, que c’était tout le contraire : « Légitime comme acte libre et comme acte de foi, disait Lacordaire, le vœu religieux ne l’est pas moins comme acte de dévouement. Il engage celui qui le fait à la pauvreté, à la chasteté et à l’obéissance, c’est à dire à réaliser, autant qu’il dépend de lui, les ardents désirs des meilleurs amis de l’humanité et les rêves des politiques les plus hardis. » L’obéissance religieuse n’est pas une obéissance passive, une servitude envers la tyrannie de gourous que seraient les supérieurs, mais l’obéissance la plus parfaitement libérale qui soit, parce qu’elle est un libre acquiescement de l’intelligence et de la volonté et qu’elle a pour borne la loi éternelle de l’amour de Dieu et du prochain.

Elle est l’expression de la liberté, car elle est consentie à des supérieurs librement élus et régis par les statuts de l’Ordre et la loi de Dieu. « Quant au vœu de pauvreté, disait encore Lacordaire, il rejoint les idéaux les plus élevés d’égalité et de fraternité ».

Ce soir, vous n’êtes pas des romantiques utopistes qui rêveraient naïvement d’un monde idéal que serait la famille dominicaine, vous savez que c’est avec vos limites, vos questions, mais aussi votre foi et votre désir de servir Dieu et vos frères en humanité, que vous continuez l’aventure commencée il y a 3 ans, dans un ordre dont vous savez la beauté mais aussi les limites et les défauts de ses membres.  Ce que saint Pierre vient de dire dans le capitule est un conseil que vous pouvez faire vôtre en ce jour et tout au long de ces deux années : revêtez-vous tous d’humilité dans vos rapports les uns avec les autres. Dieu s’oppose aux orgueilleux, aux humbles il accorde sa grâce. Déchargez-vous sur lui de tous vos soucis puisqu’il s’occupe de vous. On ne se trompe pas d’avoir le courage du futur. Amen. »

 


 

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