Trois questions au fr. Jean-Baptiste Rendu, nouveau profès solennel

Trois questions au fr. Jean-Baptiste Rendu, nouveau profès solennel

 Ce soir, à Lyon, c’est la Fête des lumières. Mais pour qui cherche La Lumière, ce ne sont pas toujours les bougies qui brillent le plus fort. 

 

Frère Jean-Baptiste, à 34 ans, tu viens de faire profession solennelle, c’est-à-dire de t’engager « jusqu’à la mort » dans l’Ordre des prêcheurs. Peux-tu décrire les étapes qui t’ont mené à faire ce choix ?

Cette profession marque l’aboutissement d’un long cheminement de discernement et de formation qui a commencé dès mon enfance grâce notamment à une famille chrétienne engagée dans sa foi et le témoignage joyeux de religieux que j’ai eu l’occasion de fréquenter dans mes années adolescentes. Ainsi, à peine mon bac en poche j’ai quitté la région lyonnaise pour la région du Grand-Est dans le projet de discerner un engagement de vie au sein d’une toute jeune communauté nouvelle. J’ai vécu dix ans en son sein, commençant dans ces mêmes années, une formation à la prêtrise en lien avec le Grand Séminaire de Lorraine. Ordonné prêtre en juin 2012, j’ai poursuivi ma formation théologique à l’université de Fribourg (Suisse). Hébergé au couvent dominicain de l’Albertinum, c’est dans le quotidien d’une vie conventuelle que j’ai découvert la richesse et l’exigence de la vie dominicaine : une prédication qui prend sa source dans une vie d’étude, de prière et de fraternité, régulée par la vie commune. Consonnant bien avec un tel genre de vie, au bout de quelques mois,  j’ai commencé à envisager sérieusement l’éventualité de rejoindre l’ordre des Frères des Prêcheurs.

De retour en France, j’ai été accueilli au couvent de Nancy dans l’intention de poursuivre mon discernement à la vie dominicaine tout en ayant un ministère en paroisse.  Entré au noviciat à Strasbourg en septembre 2014, j’ai suivi ensuite les étapes « normales » du parcours de formation: profession simple (pour deux ans puis pour un an) au couvent de Lyon où le studentat était nouvellement installé, et enfin profession solennelle il y a peu (22 septembre).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Je m’engage donc définitivement dans l’Ordre des prêcheurs en ayant déjà une expérience de plusieurs années d’une vie consacrée à Dieu au service de son Église. En fait, il me semble que j’avais déjà donné ma vie à Dieu, au moment notamment de l’ordination diaconale, puis presbytérale. En effet, celle-ci comporte déjà l’engagement définitif au célibat. En faisant profession solennelle dans l’Ordre, ce don prend une forme déterminée – ce n’est donc pas tant l’engagement « à vie » qui me marque dans cette nouvelle étape, que le choix d’une famille particulière, celle de St Dominique.

 

 

Et y a-t-il justement une figure de cette famille dominicaine qui te marque plus particulièrement ?

Pour moi, c’est vraiment Saint Dominique. Je l’ai découvert en même temps que je devenais frère dominicain, sans avoir eu d’attirance particulière pour lui avant. Mais plus ça va, plus je découvre la grande actualité de son témoignage de vie. Ces derniers mois, comme beaucoup d’entre nous, je suis marqué par notre contexte ecclésial. À vue humaine, de tels scandales n’encouragent pas à un engagement dans la vie religieuse.  Mais je n’oublie pas que le temps de Saint Dominique fut aussi un temps de grandes difficultés. Il en souffrit mais ne renonça pas pour autant à prêcher la beauté de l’Évangile,  la beauté de Dieu qui est là et demeure la même, indépendamment de ceux qui salissent.

                                                     

 

Pour ta profession, nous lisions la parabole du semeur : le grain, la mauvaise terre, les ronces, la bonne terre… Et toi, comme frère prêcheur, sur quel(s) terrain(s) souhaites-tu semer aujourd’hui ? Quels fruits espères-tu ?

Je crois que je me sens plus laboureur que semeur ! Mes différents apostolats (aumônier au centre scolaire St Thomas d’Aquin-Véritas, aumônier d’un groupe EVEN, La Cave des Dominicains) m’amènent à rencontrer beaucoup de jeunes. À mes yeux,  il y a aujourd’hui un réel enjeu de formation, et particulièrement de formation à la vie spirituelle car j’en suis intimement convaincu : leur apprendre à prier c’est préparer « une bonne terre » pour que la semence de la Parole de Dieu porte, en abondance, tout son fruit.

 

 

 

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