« Prenez patience »

« Prenez patience »

Méditation du fr. Thomas Zimmermann o.p.

Pour le 3ème dimanche de l’Avent, sur la 2ème lecture de la messe (Jc 5, 7-10)

Patienter, tenir ferme, endurer. Tel est le message de ce passage de l’Ecriture que nous venons d’entendre, le refrain de cette exhortation qui nous parvient aujourd’hui.

St Jacques adresse à la communauté un encouragement bien connu à l’époque de la rédaction du texte (fin du Ier s.), que l’on retrouve également dans d’autres écrits du Nouveau Testament, dans les épîtres de Pierre par exemple ou dans l’Apocalypse. Nos pères dans la foi vivaient alors la mise à l’épreuve de leur espérance. Car pour beaucoup, il avait été certain que le retour du Christ en gloire aurait lieu très rapidement. Face au constat des années et des dizaines d’années passant sans qu’advienne encore la venue du Seigneur, ils durent apprendre à être patients. Et ce n’est pas si simple lorsque l’on vit sa foi au risque de sa vie, d’être patient.

Le texte que nous venons de lire est témoin des débuts de cette transformation qui s’opère lentement au cœur de la foi de l’Eglise, en ses premières années. Lorsqu’on lit : « la venue du Seigneur est proche, » ou « voyez : le Juge est à notre porte », on entend bien l’état d’urgence, le climat eschatologique qui habitait le cœur des croyants de l’époque. Mais lorsqu’on prête attention aux modèles de patience proposés par St Jacques : « le cultivateur », « les prophètes », on devine que la communauté chrétienne commençait aussi à comprendre la nécessité de durer. En effet, l’agriculteur, le prophète, sont des hommes qui font l’expérience de l’attente entre le moment où ils sèment et le moment où ils cueillent. Leur activité professionnelle, si l’on peut dire, leur donne de sentir mieux que d’autres combien il est essentiel de respecter le temps des choses.

La patience à laquelle nous invite l’Ecriture à travers ce texte est donc d’une nature bien précise. Il s’agit de s’appuyer sur la conviction que le Seigneur Lui-même va bientôt venir pour réaliser pleinement ce qu’Il a promis, afin d’en tirer la raison et la force de nos activités présentes. Ce texte nous rappelle que si nos pères ont pu tenir patiemment les épreuves qui furent les leurs, c’est grâce, grâce à la conviction que la venue du Seigneur est proche. 

Pour développer notre vertu de patience aujourd’hui, nous pourrions donc commencer par en cultiver la racine : raviver en nous le souvenir de notre destinée finale. Qu’appelons-nous quand nous disons « que Ton Règne vienne » ? Que croyons-nous quand nous disons « je crois à la résurrection de la chair », « à la vie éternelle » ? C’est bien l’objectif premier du temps de l’Avent : permettre aux croyants de se rappeler la promesse qui les soutient dès aujourd’hui, pour pleinement s’accomplir, demain. 

 

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