Airs du temps #1 – Tapis volant

Airs du temps #1 – Tapis volant



Pour la saint Valentin, quoi de mieux qu’un prince et une princesse sur un tapis volant, des sables d’Arabie au nouvel an chinois. Vous connaissez cette séquence, c’est la chanson « ce rêve bleu », d’Aladin, le dessin animé de Disney ! Ça tombe bien, ils l’ont sorti en film il y a peu.


Bon, mais comme je suis un enfant de ma génération, moi je la connais sous le titre « A whole new world » – un monde nouveau. Et comme d’habitude, les paroles en français n’ont rien à voir avec l’anglais. Alors petit rattrapage, c’est une chanson sur l’émerveillement. La princesse découvre le monde en dehors du sérail qui déploie ses paysages sous les yeux des deux amoureux. Et le prince s’émerveille de l’émerveillement de sa princesse. Et nous de l’émerveillement des deux. Vous suivez ?

Parfois j’ai bien envie de penser que Disney vaut mieux que la Bible. N’est-ce pas déprimant ce sage, Qohélet, qui nous répète « rien de nouveau sous le soleil » ? La vie, la mort, tout se déroule toujours pareil…

Oui, mais non. Parce qu’il y a une saint Valentin dans la Bible aussi… une fête de l’amour, quoi. Oh, c’est vrai que l’histoire d’amour avec Dieu était bien vieille et le feu de la passion sans doute éteint. En tout cas du côté des hommes ! Mais Jacques Brel ne chante-t-il pas « On a vu souvent rejaillir le feu d’un ancien volcan qu’on croyait trop vieux »


Dieu a pris le chanteur au pied de la lettre ou de la croche, et puisqu’il n’y avait rien de nouveau sous le soleil, eh bien il a fait exploser le soleil ! Façon de parler, ou de chanter : on a un répons chez les dominicains qui fait : « dans le soleil il a fait sa demeure, alleluia ». Je parle du Christ ressuscité, le soleil levant qui illumine les nations.

Bref, avec Jésus, il y a bien plus que du nouveau sous le soleil. Une vraie saint Valentin, une passion brûlante de Dieu pour l’humanité. Pas de train-train dans l’amour de Dieu. Eh oui, le Verbe, c’est tout sauf des « paroles, paroles, paroles, que tu sèmes en vain ». C’est le contraire, lorsque Dieu aime l’humanité, c’est bien « a whole New World », mais pas seulement dans les yeux des amoureux.



« Le monde ancien s’en est allé, un nouveau monde est apparu »… et ça fait un sacré raffut. Mais pas une cacophonie : il ne faut pas se tromper de nouveau monde.

Il y en a un qui a bien mis ça en musique, c’est Dvorak, dans sa Symphonie du nouveau monde. Pour le coup, je l’entends comme un faux nouveau monde, avec un thème dur et joué aux cuivres qui tend progressivement à remplacer le monde harmonieux dont le thème est joué par les cordes et des bois.

Non, vraiment, pour voir le nouveau monde, celui de l’amour, de Dieu pour les Hommes et des amoureux, il faut savoir s’émerveiller. Il y a en nous une force d’aimer sauvage et mystérieuse, une force incroyable dont la source nous dépasse. Bref, il y a quelque chose de pas bête dans cette histoire de tapis volant…

Fr. Alban Vallette d’Osia

 

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