« Poursuivons notre voyage de foi »

« Poursuivons notre voyage de foi »

Méditation pour le cinquième dimanche de Carême, sur la première lecture de la messe (Ez 37, 12-14)

« Je vais ouvrir vos tombeaux et je vous en ferai remonter, ô mon peuple »

En ce cinquième dimanche du Carême le prophète Ézéchiel nous parle de tombeau, mais de quel tombeau parle-t-il ? Historiquement vous savez bien qu’au sixième siècle avant Jésus Christ le peuple était en exil à Babylone. Il se considérait comme mort.

L’exil en effet a été une expérience dévastatrice et douloureuse pour Israël : en terre étrangère, sans le temple, sans le culte, après avoir vu le pays détruit, les murailles rasées, la famille royale décimée, la foi commence à vaciller. Il devient difficile de continuer à croire en la bonté du Seigneur. En signe de ce grand malheur le Seigneur montre au prophète une vallée pleine d’ossements desséchés surtout que pour les juifs il fallait absolument être enseveli dans le tombeau de famille.

Cet exil va jouer un rôle déterminant dans l’histoire d’Israël. Pour s’en persuader, relisez par exemple le Psaume 137, ce psaume de lamentation : « Au bord des fleuves de Babylone, nous étions assis et nous pleurions, nous souvenant de Sion… »

Le peuple se lamente mais il prend aussi le temps de relire son histoire comprenant ainsi les raisons de son exil. Éclairé par les prophètes, il comprend que c’est parce qu’il s’est détourné de Dieu qu’il a le sentiment d’avoir été abandonné : « le Dieu qui est avec nous est celui qui nous abandonne ». Et dans cet abandon il prend conscience de son alliance avec Dieu. C’est là que s’est faite la reconnaissance du Seigneur comme le Dieu créateur de l’univers, le Dieu qui donne la vie, le Dieu qui crée l’homme par son souffle et lui donne son Esprit. Le Dieu qui se fait proche de son peuple et lui exprime son projet : « je veux demeurer au milieu de toi et tu vas me faire une demeure dans laquelle je vais habiter. »

Le prophète Ézéchiel exhorte le peuple exilé à regarder au-delà de sa situation un nouvel avenir, lorsque l’Esprit de Dieu restaurera leur nation. Le prophète Ézéchiel offre ainsi de l’espoir à ceux qui croient au Dieu de la vie. Le retour d’exil est le résultat de l’action de Dieu dans l’histoire d’Israël. C’est le retour de la mort à la vie.

« Je vais ouvrir vos tombeaux et je vous en ferai remonter, ô mon peuple, Je mettrai en vous mon esprit, et vous vivrez » ; c’est une des grandes promesses de l’Ancien Testament. Dieu ouvre les tombeaux pour donner par son esprit, la vie. Cette promesse Jésus l’a accomplie dans l’Evangile d’aujourd’hui en ressuscitant Lazare. La lettre de saint Paul aux Romains au chapitre 8 actualise aussi pour nous la puissance de cette promesse faite déjà dans l’Ancien Testament et que Jésus a accomplie. Cette promesse annonce déjà la résurrection vers laquelle nous nous orientons.

L’expérience de l’exil et de la mort de Lazare sont des lieux où Dieu manifeste sa gloire, où il révèle son dessin d’amour.

Aujourd’hui comme toujours nous sommes victimes de l’isolement et de l’égoïsme : une forme de mort qui nous sépare d’avec Dieu maître de l’histoire et de la vie. D’autres sont dans le tombeau du désespoir ou de l’esclavage d’habitudes pécheresses. Sommes-nous prêts à accueillir l’Esprit qui nous permettra de rouler la pierre qui se dresse entre nous et la lumière du visage du Christ, qui est la résurrection et la vie ?

Chers frères, nous sommes tous confrontés à des moments de tristesse et de chagrin dans nos vies et nous sommes conscients des difficultés et des défis que ces temps peuvent susciter ! Dans l’espérance poursuivons notre voyage de foi que nous avons commencé avec la Samaritaine et l’aveugle. Aujourd’hui, Jésus nous emmène avec lui vers la résurrection. « Eveille-toi, toi qui dors; lève-toi d’entre les morts, et le Christ t’illuminera ». Amen.

Fr. Mina-Athanase Abdelmeseh o.p.

 

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