Extra conventum #3 – Football édifiant ?

Extra conventum #3 – Football édifiant ?

Peut-être y a-t-il parmi vous, chers lecteurs, des amateurs de football. Je voudrais partager ici avec vous une anecdote que j’ai trouvée tout à fait édifiante – et elles ne le sont pas toutes dans ce domaine c’est certain.

Lors du match entre Tottenham et Everton, le lundi 6 juillet dernier, le capitaine de l’équipe de France Hugo Lloris (gardien de Tottenham) s’est mis à faire de violents reproches à son partenaire (cliquez pour aller voir la vidéo), Heung-min Son. C’était juste avant la pause de la mi-temps. Au retour des vestiaires, on voit cependant les deux joueurs se réconcilier et s’encourager, prêts à reprendre le match. Cette altercation entre les deux joueurs connus pour leur comportement exemplaire a surpris. Sur RMC Sport on peut lire : « Lloris disjoncte et s’embrouille », sur un autre site, que Lloris a « pété une case ». S’agit-il donc simplement d’un habituel petit combat de coqs sur le terrain ?

En écoutant la réaction de l’intéressé et les commentaires de l’entraîneur, au contraire, cela m’a plutôt fait penser à un bel exemple de correction fraternelle, si l’on peut dire.

« Ce qu’il s’est passé entre Sonny et moi, ça fait juste partie du football, parfois. Mais il n’y a aucun problème du tout. Vous l’avez vu à la fin du match, on est plus qu’heureux d’être dans cette équipe et d’avoir pris les trois points. »

Source : Sport24

Donc déjà, ce n’est pas l’affaire du siècle, il faut mettre les choses à leur place. Mais la raison de son emportement ? C’est que « concéder une occasion quelques secondes avant la mi-temps, parce qu’on n’a pas pressé correctement, oui ça m’a agacé. » Autrement dit, c’est le souci de l’équipe, du « bien commun » qui l’a poussé à agir ainsi – tout le contraire d’un emportement de colère égoïste. Ce qu’en a pensé l’entraîneur ?

«C’était magnifique […] Si vous voulez critiquer quelqu’un, c’est moi. J’ai critiqué mes joueurs qui ne sont, à mes yeux, pas assez critiques les uns envers les autres. Je leur ai demandé d’être plus exigeants et de mettre leurs coéquipiers sous pression pour qu’il y ait cet esprit d’équipe où on donne tout les uns pour les autres (…) Il y a eu quelques gros mots, je ne sais même pas s’il y a eu des poussettes ou pas, mais c’est quelque chose d’important pour que l’équipe grandisse… » »

Source : Sport24

On ne sait pas ce qui s’est dit entre les deux joueurs et c’est sans doute très bien. Ça m’a fait penser, dans une certaine mesure, au « seul à seul » de l’Evangile : « Si ton frère a commis un péché contre toi, va lui faire des reproches seul à seul. S’il t’écoute, tu as gagné ton frère. » (Mt 18,15) Il y a eu ainsi, après « les poussettes » sur le terrain, la sagesse de la discrétion.

Bref, je crois que l’épisode est édifiant. Car l’équipe, c’est peut-être l’Eglise ou ta paroisse ou mon couvent. Les deux joueurs, c’est sans doute toi et moi. L’entraîneur, c’est peut-être le Christ qui se réjouit de voir en ses disciples le souci de s’améliorer. Et puis le match… Il est en court, et c’est la deuxième mi-temps !

fr. Thomas Zimmermann o.p.

 

Do NOT follow this link or you will be banned from the site!