Le clip du Jubilé de l’ordre des Prêcheurs

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La communauté comme un corps

Il y a aujourd’hui – c’est très facile à le remarquer – une tendance à beaucoup parler du « monde contemporain » – de le voir comme instable, dégradé, en perte de repères. Mais peut-être ne pense-t-on jamais que nous faisons tous partie de ce « monde contemporain ».

Fréquemment, en pensant au terme de « communauté », on essaye seulement de connaître et de s’approprier ce que signifie ce terme. Mais je ne pense pas que cette connaissance, cette appropriation d’un « terme » puisse suffire nous aider à créer une communauté, à rassembler une vraie communauté. Pourquoi ? À cause du « monde contemporain » tel qu’il est. De fait nous sommes appelés à créer une communauté totalement différente de celle du « monde contemporain ».

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Dans l’Évangile selon saint Jean, Jésus dit : « Je suis la vraie vigne… Demeurez en moi, et moi en vous. Comme le sarment ne peut de lui-même porter du fruit, s’il ne demeure uni à la vigne, ainsi vous ne le pouvez non plus, si vous ne demeurez en moi.» (Jn 15, 1-4). C’est très important pour nous aujourd’hui. Sans l’intimité avec le Christ nous ne pouvons pas donner des fruits d’amour, de compassion, de discernement du « monde contemporain« . Pour être plus sensibles, plus conscients, il nous faut découvrir et reconnaître Jésus vivant qui demeure en nous et parmi nous. Jésus nous dit: « Où deux ou trois sont assemblés en mon nom, je suis là au milieu d’eux. » (Mt 18,20). Là où se trouvent ceux qui cherchent Jésus, existe la communauté.

En vivant dans une communauté, nous nous éprouvons les uns les autres comme frères et sœurs.

Je pense que, pour faire évoluer une communauté, il faut mettre en œuvre six pratiques de la vie commune: 1. partager l’espace commun (pas seulement l’espace matériel, mais aussi l’espace spirituel), 2. partager les soucis de la vie quotidienne, 3. observer les préceptes (la règle), 4. parler de tout ce qui peut nous aider à renforcer l’harmonie, 5. partager ses idées, ses pensées, ses aptitudes, 6. respecter les opinions des membres. La communauté qui a comme fondement tous ces principes peut vivre heureuse, paisible. Cette communauté aide tous ses membres à grandir, à se perfectionner. La croissance de chacun est en effet un des plus grand buts de la communauté. Dans une communauté, nous ne formons pas seulement notre esprit, notre intellect, mais, en voyant les autres, nous formons notre sens de la fraternité, nous enrichissons la communauté de tout ce que nous avons de personnel, de tout ce que nous avons en propre que nous pouvons partager aux autres et pour les autres.

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Dans la communauté, si tu te trompes, tu es critiqué, tu es corrigé et grâce à tout cela tu grandis. Mais cependant tu restes toi-même. C’est toi qui peux enrichir la communauté et c’est la communauté qui peut t’enrichir et te faire grandir.

Nous pouvons tous, rassemblés dans une communauté, découvrir et donner toutes ses dimensions à notre essence humaine. Ensuite notre communion devient un corps d’amour et synergie. C’est un organisme vivant, où toutes les cellules sont essentielles. Dans une communauté, nous sommes tous un. Notre joie et notre salut ne sont possibles que dans cette communion.

Frère Jokūbas-Marija Goštautas, o.p.

Article dans sa version originale en lituanien

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BENDRUOMENĖ – TAI KŪNAS

(cet article est écrit en lituanien : retrouvez ici sa traduction)

Tenka pastebėti, kad dabar labai madinga yra kalbėti apie  taip vadinamą „šiandieninį pasaulį“ – koks jis blogas, sugedęs, nemąstantis. Bet turbūt visiškai neatkreipiame dėmesio, kad ir patys esame to „šiandieninio pasaulio“ dalis.

Kalbėdami apie bendruomenę, dažniausiai mėginame suprasti ir įsisąmoninti šio „termino“ reikšmę. Tačiau kažin ar šis „termino“ įsisąmoninimas padės sukurti bendruomenę, suburti ją. Kodėl? Todėl, kad toks yra „šiandieninis pasaulis“! Visgi mes esame pašaukti kurti visai kitokią bendruomenę, negu ją įsivaizduoja „šiandieninis pasaulis“.

repas avec les freres de l'albertinumEvangelijoje pagal Joną Jėzus sako: „Aš esu tikrasis vynmedis… Pasilikite manyje, tai ir aš jumyse pasiliksiu. Kaip šakelė negali duoti vaisiaus pati iš savęs, nepasilikdama vynmedyje, taip ir jūs bevaisiai nepasilikdami manyje“ (Jn 15, 1-4). Tai labai artima mums šiandien. Be sąmoningumo Kristuje negalime duoti meilės, supratimo ir išsilaisvinimo iš „šiandieninio pasaulio“ vaisių. Kad būtume supratingesni ir širdingesni, privalome savyje pažinti, atrasti gyvąjį Jėzų. Jis sakė: „Jei du ar trys susirinks mano vardu, ir aš būsiu jų tarpe“. Reikia nors  keleto Kristaus ieškančių žmonių, kad jie galėtų pasivadinti bendruomene.

Gyvendami bendruomenėje, mes patiriame vienas kitą kaip brolius ar seseris. Manau, kad kuriant bendruomenę, reikia atlikti šešias bendrystės praktikas: dalytis erdve (ne tik gyvenamąja, bet ir dvasine), svarbiausiais kasdienio gyvenimo dalykais, laikytis vienodų priesakų, kalbėti tik apie tai, kas padeda stiprinti darną bendrijoje, dalytis savo įžvalgomis, suvokimais bei gabumais, gerbti kitų bendrijos narių nuomonę. Tokiais principais grindžiama bendruomenė visada gyvena laimingai, taikiai bei padeda augti kiekvienam bendrijos nariui. O kiekvieno augimas yra vienas iš pagrindinių bendrijos tikslų! Bendrijoje mes ugdome ne tik savo dvasią, intelektą, bet, žvelgdami į kitus, ugdome ir savo gabumus, kuriuos papildome tuo, ką turime asmeniško – tuo, kas priklauso tik mums.

IMG_0021Bendruomenėje tu tai gali! Bendruomenėje tu suklysti, esi kritikuojamas, bet visgi tu augi. Tik nepamiršk, kad tu – esi TU. Gali ne tik tai pasiekti, bet ir dar daugiau! Tas „daugiau“ vėlgi papildo bendruomenę bei padeda augti kitiems.

Susibūrę į bendruomenę, mes galime atskleisti savo individualią esatį – mūsų sąjunga tada tampa vienu meilės ir supratimo kūnu – visapusiškai funkcionuojančiu organizmu, kur ląstelės viena kitai yra gyvybiškai svarbios . Mes BENDRUOMENĖJE visi ESAME VIENA. Mūsų džiaugsmas ir, apskritai,  mūsų išganymas yra įmanomas tik bendrystėje.

Brolis Jokūbas-Marija Goštautas o.p.

Article en français

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Rosaire 2015 – La joie de la mission, la grâce de la prédication – #OPLourdes

IMG_0213« Mes collègues ne comprennent pas que je puisse venir en vacances ici, mais s’ils savaient combien cela repose l’esprit de servir les malades ! » confiait une hospitalière du pèlerinage du Rosaire, habituellement fonctionnaire aux impôts. C’est bien un des paradoxes de Lourdes : on donne beaucoup mais on reçoit davantage.

Collégiens, lycéens (dont ceux du Lycée st Thomas d’Aquin d’Oullins emmenés par le frère Jean-Baptiste), malades, hospitalières, brancardiers, simples pèlerins ou frères et sœurs dominicains ont ainsi répondu à l’appel que Marie avait lancé à Sainte Bernadette il y a plus de 150 ans : venir en pèlerinage à Lourdes.

Via le hashtag #OPLourdes, le pèlerinage était bien présent sur les réseaux sociaux, au point que l’animateur de télévision Nikos Aliagas a tweeté sur le Rosaire !


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Pour les frères étudiants le Rosaire est l’occasion d’une expérience apostolique riche mais également un moment de rencontre fraternelle avec les frères et Soeurs d’autres couvents.

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Frères et soeurs en formation des provinces de France et de Toulouse au Rosaire 2015

Nous repartons vers Lyon dans l’attente de revoir chacun des pèlerins, au plus tard l’an prochain à Lourdes.

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Etudier la théologie à Fribourg

La province dominicaine de France a pris la décision, lors de son dernier chapitre célébré l’hiver dernier, d’envoyer les frères étudiants, après un premier temps au couvent de Lyon, poursuivre leur formation en Suisse.

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Les frères dominicains de la communauté de saint Hyacinthe à Fribourg

Nous voici donc, en cette rentrée 2015, huit frères étudiants à partager notre temps entre le couvent Saint Hyacinthe et la faculté de théologie de l’université de Fribourg, sans compter l’un ou l’autre service auprès des enfants à l’école du quartier et dans la paroisse. La présence dominicaine est solidement ancrée dans la ville, avec deux couvents – saint Hyacinthe et l‘Albertinum – où vit, étudie, travaille et prie une trentaine de frères, venant du monde entier : de France, donc, de Suisse bien sûr, aussi de Pologne, un croate et deux tchèques, frères d’Irlande ou d’Allemagne, ou venus de régions plus lointaines, l’Inde à l’est et à l’ouest, les Amériques. Grande diversité des cultures et des langues : le français – heureusement pour moi ! – est la langue d’usage dans la vie quotidienne des frères, mais il n’est pas rare, au détour d’un couloir, à la sortie de l’office ou au réfectoire, d’échanger ou d’entendre quelques mots d’allemand ou d’anglais.

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Les frères au réfectoire du couvent de saint Hyacinthe à Fribourg

La Suisse en général, et les frères en particulier, sont rompus au multilinguisme et savent traduire – en toute langue et dans la pratique – le verbe accueillir. Diversité qui se double de celle, aussi, des activités et des centres d’intérêt : les uns sont encore étudiants en premier cycle ou en doctorat, d’autres assument des charges pastorales et apostoliques, un bon nombre, aussi, enseigne à l’université. Le seul couvent de Saint Hyacinthe compte, outre une dizaine de frères aux études, deux dogmaticiens et trois biblistes, le liturge y voisine avec l’official du diocèse ; celui-ci est résolument tourné vers le monde des artistes, quand celui-là s’occupe de missionnaires envoyés dans le monde entier et des rosiers du jardin que viennent, et il s’en désole, régulièrement brouter quelques biches peu farouches. Que cela soit au couvent ou à l’université, on perçoit et l’on vit la dimension universelle de l’Ordre des Prêcheurs et de sa mission, et s’ouvrent des horizons ; que cela soit au couvent ou à l’université, des frères forment des frères et tâchent, ensemble, de contempler, vivre et prêcher la Miséricorde du Père. Diversité, certes ! mais nous portons le même habit et, à l’office, malgré quelques fausses notes, nous unissons nos voix pour dire l’union des cœurs et pour prier un même Seigneur.

fr. Grégoire Laurent-Huyghues-Beaufond, op

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Retour sur TheoDom 2015 : théologie et détente avec les dominicains

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Le groupe de TheoDom 2015 au complet

Quatre frères de la Province de France, frère Jacques-Benoît Rauscher, frère Jean-Baptiste Regis, frère Grégoire Laurent-Hyughues-Beaufond et frère Emmanuel Dumont, accompagnés d’un frère prêtre indien ont proposé du 2 au 8 août 2015 une expérience originale pour des jeunes de 18 à 35 ans.

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Ateliers : réflexion et partage

ThéoDom, de la Théologie avec des Dominicains pendant une semaine de vacances, c’est un projet tout simple. Il s’agit d’aider des jeunes de notre génération à penser la Foi, en les initiant aux différentes branches de la théologie. Pour nous, quoi de plus motivant que de partager ainsi ce qui nous passionne pendant nos études. Nous proposions des topos le matin et des temps d’atelier et de questions-réponses l’après-midi autour de grands thèmes : la Foi, la Révélation, le dogme, la morale et les sacrements.

Pour chercher Dieu, la vie communautaire est porteuse, rythmée par les offices, les repas en commun… Les 22 participants étaient très variés, par leur région d’origine, leur milieu professionnel ou leur vie ecclésiale, ce qui rendait les échanges d’autant plus intéressants. Nous profitions tous des beauté de Belle-Ile-en-Mer, de ses criques et de ses plages, en pleine nature et à l’écart du monde.

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Théologie en cuisine avec le frère Grégoire

Avec cette petite initiative, nous nous sentions entourés par nos frères : les frères étudiants qui avaient tentés l’expérience il y a peu, les frères de la génération du frère Cocagnac, qui ont créé Kergallic, cet endroit idéal pour une vie spirituelle communautaire sympathique, et les frères de différents couvents et de différentes œuvres, qui nous ont fait connaître.

frère Emmanuel DUMONT, op

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Professions simples à Strasbourg le samedi 5 septembre.

Samedi 5 septembre 2015, en la mémoire du bienheureux Jean-Joseph Lataste , les frères Jean-Baptiste RENDU et Jokūbas-Marija GOŠTAUTAS (Lituanie, vicariat des Pays Baltes) ont fait profession simple pour deux ans dans l’ordre des Prêcheurs pour la province de France.

Retrouvez les photos ci-dessous.

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Homélie du frère Michel Lachenaud, o.p. pour les professions solennelles du 29 aout 2015 à Lille en la fête du Martyre de saint Jean Baptiste

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Frère Michel Lachenaud, o.p. – Prieur provincial de la Province de France

Matthias Grünewald, dans son retable de Colmar campe Jean Baptiste aux pieds du Crucifié. Jean Baptiste est tout entier dans cet index prophétique tendu vers Jésus « l’Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde », mais tout son ministère ne se réduit pas à ce signe gestuel, ni même au signe verbal qui l’accompagne. Le témoignage de Jean culmine dans son martyre. Par sa parole et par sa vie Jean éveille la foi d’Israël au Messie qui vient, qui est là parmi eux, Lui qui apporte la vie en plénitude. Cette mission du Précurseur est aujourd’hui la vôtre, mes frères, vous qui avez décidé d’être comme Jean des envoyés de Dieu pour préparer les hommes à être disponibles à le rencontrer.

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Retable d’Issenheim (détail), saint Jean-Baptiste à droite, Matthias Grünewald, Colmar

Jean pour être l’homme de la Parole a dû se retirer au désert. Il vit au désert dans cette solitude qui conditionne tout approfondissement de soi et toute communion avec Dieu et avec le monde. La solitude est une expérience purifiante, nécessaire à toute existence spirituelle. Elle prépare l’ouverture à Dieu. C’est dans le désert que Jean entend la parole de Dieu. Car l’exigence de Dieu ne peut s’accomplir sans que l’homme ne se dépouille de lui-même pour se laisser « saisir » et envahir par l’Unique qui revendique l’être humain dans sa totalité. C’est ce don total de vous-mêmes, Olivier, Pierre-André, et Charles que vous faites aujourd’hui, après avoir pris le temps de vivre ces quatre années de discernement personnel et de découverte ensemble du chemin que nous propose Dominique. Comme Jean, il sera parfois nécessaire de vous retirer de tout pour vous retrouver face à face avec Dieu dans le recueillement et la méditation, de revenir au désert pour que Dieu parle à nouveau à votre cœur. Certes vous serez habités par les cris et les angoisses des hommes que vous rencontrerez, comme notre père Dominique qui les portait dans sa prière, mais sachez créer en vous un espace de désir du Dieu vivant. Dans ce monde vide de Dieu, il y a lieu de créer un autre désert où la rencontre de Dieu est possible. Aujourd’hui se joue un défi pour notre vie religieuse être à la fois au cœur de ce monde, habités par les questions des hommes et retrouver une vie de silence et de prière. Nous avons besoin de retrouver le lien entre la méditation et la mission, avoir la même audace pour la recherche de Dieu et la rencontre des hommes. Comme Dominique sachons aller là où des hommes sont en recherche mais comme lui sachons aussi nous trouver où Dieu nous attend.

Si Jean accomplit sa mission par la parole, sa vie confirme ce qu’il énonce. C’est sous le mode du témoignage que Jean accomplit sa tâche : « Parut un homme envoyé de Dieu. Il se nommait Jean. Pour rendre témoignage à la lumière, afin que tous crussent par lui. Il n’était pas la lumière mais le témoin de la lumière » (Jn. 1, 6-8). Le témoin est une personne devenue parole car transformée par la Parole. Il a fait de sa vie une question et un appel susceptible d’être entendu. Le témoignage qu’il a à rendre, le rend conscient des limites humaines incompatibles avec le message qu’il a à transmettre. On ne peut pas comprendre la vie et le ministère de Jean Baptiste sans tenir compte de cette exigence d’humilité et de transparence qui fait la qualité du témoignage vrai. Jean ne dit pas seulement qu’il n’est pas le Messie, mais il sait s’effacer et Jean conduit alors sa parole à ce point extrême où son existence devenue identique à son message a plus de force de provocation que toute parole dite. Préparant la route au Christ, Jean est pour vous mes frères le modèle du missionnaire ou du catéchète. Par son souci de s’effacer devant Celui dont il porte le message et qu’il doit annoncer, il rappelle que le Christ ne peut se manifester à l’homme que si son envoyé consent à s’effacer. Votre souci primordial comme frère prêcheur sera non seulement de parler au nom de celui qui vous envoie, mais aussi de mettre vos auditeurs en présence de la réalité de Celui qui vous envoie. Vous n’êtes que des serviteurs et tout apôtre doit faire sienne la parole de Jean : «  Il faut que lui grandisse et que moi je décroisse » (Jn 3, 30). Comme c’est parfois difficile d’accepter de quitter un ministère pour que d’autres puissent le reprendre autrement ! Enfin par son emprisonnement et sa mort, Jean atteste qu’il n’y a pas de témoignage verbal qui ne soit en même temps un témoignage existentiel. C’est lorsque le témoin est vaincu en apparence que sa parole retrouve toute sa force de provocation.

Ce que Jean Baptiste rappelle à chacun de vous c’est d’être un témoin, un témoin qui ne donne rien mais éveille à une vie nouvelle, un témoin qui n’apporte rien mais qui par sa vie donne un sens à la vie d’autrui, car le témoin oblige à être plus. Revenons au tableau de Matthias Grünewald, au geste prophétique de l’index de Jean. Educateur de la foi, il indique le chemin qui conduit au Christ. Il ne fait pas écran entre Dieu et l’homme il sert de tremplin. Dans votre vie apostolique il s’agira pour chacun de vous de faire route avec des hommes pour les amener à la rencontre personnelle avec le Christ dans la foi. Nous sommes tous appelés à être des « précurseurs ».

frère Michel Lachenaud, o.p. – Prieur provincial de la Province de France

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Album photo des professions solennelles à Lille le samedi 29 août 2015

IMG_6700Samedi 29 août, jour où l’Eglise fait mémoire du martyre de Saint Jean-Baptiste, les frères Pierre-André Mauduit, Charles Desjobert et Olivier Catel ont prononcé leurs voeux définitifs dans l’ordre des Prêcheurs pour la Province de France. Retrouvez ci-dessous les photos de cette belle journée sous le soleil lillois.

Nous confions à votre prière les nouveaux profès.

« Le Seigneur fit pour moi des merveilles,
et mon coeur exulte de joie :
en ma chair s’accomplit la Promesse,
Alleluia, Alleluia ! » 

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La foi autour du feu de camp : le frère Olivier, aumônier scout


Le frère Olivier Catel, qui fera profession solennelle fin août à Lille, est aumônier scout du groupe 5ème Lille Lyautey (Scouts et Guides de France). Il participe cet été au rassemblement
You’re Up à Strasbourg avec les pionniers et caravelles. Il nous livre ici quelques impressions sur son expérience d’aumônier scout.

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Après deux années au service des prisonniers étrangers, je suis devenu aumônier scout. Comme dirait un ami, « autre salle, autre ambiance ». Cette nouvelle mission était cependant pour moi très dépaysante, n’ayant jamais été scout moi-même !

Plus de 90 jeunes de 6 à 20 ans, une quinzaine de chefs, les cadres du groupe, les parents… autant de visages à découvrir, d’histoires à écouter, de confidences et d’interrogation à recueillir. En effet, j’ai très vite compris qu’être aumônier scout, cela ne consistait pas à être avant tout « chef de la prière » mais bien plutôt à être une présence discrète, un veilleur. Un groupe scout est une savante alchimie où chacun joue un rôle essentiel, de manière autonome et responsable, l’aumônier restant en retrait, à sa place, pour, si le besoin s’en ressent, poser un geste, une parole, donner un conseil ou accompagner dans les joies et les difficultés.

8CB9CECA-B6F2-4237-8F3E-3DCBF23CA1A3Je considère ainsi que ma charge d’aumônier est un service d’accompagnement avant d’être un service d’animation spirituelle. J’ai eu la chance d’accompagner de jeunes chefs qui se préparaient à faire leur engagement : des rencontres en tête-à-tête, lors de deux ou trois soirées, pour donner à cet engagement le sens large et plénier qu’il doit avoir, c’est-à-dire un engagement tout entier, comme homme, femme, citoyen et chrétien. Accompagnement des parents aussi qui, discrètement, demandent un conseil spirituel, qui cherchent à approfondir leur foi, qui recommencent à fréquenter la messe dominicale. J’ai ainsi pu avoir des échanges de mails avec une mère de scout sur les fins dernières… Il y a aussi l’émerveillement devant de jeunes enfants qui découvrent la foi, cherchent un sens à leur vie dans cette expérience humaine et spirituelle totale qu’est le scoutisme. « Jésus, un type sympa… L’Eglise une vieille dame un peu rétro ?… Pourquoi tu donnes ta vie ? »

Alors, subrepticement, je comprends que, aux aussi, ils m’accompagnent dans mon discernement et donnent sens à ma vie de religieux consacré. Ils ne le savent peut-être pas mais, dans la fraternité qu’ils m’offrent, semaine après semaine, ils me font grandir avec eux. Sur les camps, quelquefois un peu précaires, je découvre la foi toute simple d’un petit peuple qui ne compte que sur le Christ et la Providence pour avancer sur la route.

fr Olivier Catel, o.p.

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