Première session interstudentat

Pour commencer la nouvelle année, les frères étudiants de la province dominicaine de France ( Jean-Baptiste RENDU, Jokūbas-Marija GOŠTAUTAS, Jacques-Benoît RAUSCHER, Emmanuel DUMONT, Pierre-André MAUDUIT, Charles DESJOBERT, Olivier CATEL, Grégoire LAURENT-HUYGHUES-BEAUFOND, Jean-Baptiste REGIS) se sont retrouvés au couvent du St-Nom-de-Jésus (Lyon) pour 4 jours de session. Étant dorénavant dispersés dans différents lieux de formation (Lyon, Fribourg et Oxford), cette session avait pour objectif de renforcer nos liens fraternels et d’approfondir ensemble l’un ou l’autre aspect de notre vie dominicaine. Étude, liturgie et vie communautaire fraternelle était donc au programme de ces 4 jours.

Les frères étudiants et fr. Marc-Antoine (père-maître du studentat de Lyon)

Grâce au fr. Jean-Michel Potin (historien et archiviste de la Province), notre première journée était consacrée à l’histoire de la province dominicaine de Lyon.

fr. Jean-Michel Potin o.p

fr. Jean-Michel Potin o.p

Bien qu’il soit toujours difficile d’appréhender l’histoire d’une province comme telle, il a su nous partager, avec passion et dans le peu de temps qui lui était imparti, les grandes étapes historiques de cette province, de sa fondation en 1862 jusqu’à l’union avec la Province de France en 1997. Au-delà de l’institution elle-même, ces 135 années sont surtout l’histoire de la vie de ces nombreux frères qui ont cherché à annoncer la Parole de Dieu, à temps et à contretemps, tant dans nos régions que dans les contrées lointaines (au Vietnam et en Afrique notamment).

Les deux jours suivants, c’est grâce au fr. Eric de Clermont-Tonnerre (prieur du couvent de l’Annonciation à Paris) que nous avons pu approfondir deux figures féminines de la spiritualité dominicaine : Marie de la Trinité et Ste Catherine de Sienne. Deux femmes aux itinéraires humains et spirituels hors du commun et quelque peu atypiques.

Catherine de Sienne avec le fr. Eric de Clermont Tonnerre, o.p.

Catherine de Sienne avec le fr. Eric de Clermont Tonnerre, o.p.

Anish Kapoor

Anish Kapoor

Pour notre dernière journée, nous avons choisi de nous rendre au couvent de la Tourette pour une visite fraternelle à nos frères, et profiter des derniers jours de l’exposition fabuleuse d’ « Anish Kapoor chez le Corbusier ».

La visite guidée du fr. Marc Chauveau nous a permis d’entrer dans ce dialogue étonnant entre les œuvres de l’artiste et l’architecture du Corbusier. Une expérience inoubliable pour la plupart d’entre nous. Cette dernière journée au vert fût également une belle occasion pour partager entre nous au sujet de nos apostolats (Théodom, JMJ, etc.) et de nos projets. Et autant vous dire que les idées ne manquent pas !

La session interstudentat ce sont aussi des soirées. Chacune a été mise à profit tant pour rencontrer la communauté des frères du couvent du St Nom, que profiter d’une conférence de l’Agora assurée par le fr. Cyrille-Marie (étudiant à l’Institut Biblique Pontificale de Rome) sur le thème du monothéisme dans la bible. Au programme également, une rencontre avec Natalia Trouiller, journaliste et fondatrice de l’association Noé 3.0. Un témoignage stimulant pour une présence chrétienne et missionnaire sur ce nouveau continent qu’est le monde numérique.

Une première session réussie qui augure un bel avenir à notre nouvelle manière de vivre la formation dans la province.

fr. Jean Baptiste RENDU, o.p.

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chroniques fribourgeoises #2 : Mission

Dimanche 23 novembre, le studentat de Fribourg, presque au complet, a passé la journée à Genève. Au programme : rencontre de la communauté du couvent Saint Dominique, avec qui nous fêtons le Christ Roi, et, l’après-midi, à la Comédie de Genève, représentation de Mission de David Van Reybrouck, magistralement interprété par Raven Rüell.

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Choeur de l’église du couvent des dominicains de Genève

            Nous nous laissons accueillir, d’abord, à tout Seigneur tout honneur, par Celui que nous célébrons en ce jour : la liturgie dominicale est soignée, belle et digne au milieu des œuvres de Maurice Denis – mosaïque du baptistère, vitraux et grande fresque du chœur – et dans la ferveur de la prière. L’accueil se poursuit : les discussions sur le parvis autour d’un café, avec l’un ou l’autre paroissien est l’occasion de découvrir, un peu, le visage de l’Église de Genève. Puis le froid nous fait regagner le couvent et sa chaleur : discussions toujours, autour d’un verre de fendant cette fois-ci, avec les frères dont nous découvrons les engagements multiples, passés et présent, au service de l’Église, en Afrique et à Genève, en paroisse, à l’hôpital ou dans l’enseignement.

Durant l’après-midi, le décor et le style changent un peu, mais le fond serait le même.  Mission nous fait entendre, deux heures durant, André, un Père Blanc, âgé et belge, de retour de mission au Congo. Le ton est celui d’une conférence, où l’orateur parle, saute du coq à l’âne, nous fait passer par toutes les gammes, du rire aux larmes, de la légèreté à une profonde gravité.

Il parle, il parle de tout, ce qui a fait et fait sa vie, d’homme, de religieux, de prêtre, de missionnaire ; il parle, il parle de tout, raconte Alice, son premier amour, et raconte sa vocation, qui l’a saisi par surprise ; il parle de son arrivée au Congo, en 1959 et de ses vacances en 2015 auprès de sa famille ; il semble se perdre, se tait un instant, reprend le fil, fait une blague.

Il parle vraiment de tout, de longues trajets sur les pistes et les fleuves, des eucharisties célébrées en pleine brousse, du club de foot qu’il a fondé ; des baptêmes de quelques André, ou Merci-André, de catéchisme, de sorcellerie, du divorce de son frère, de ses neveux tellement speed et stressés, de préservatifs et de l’Évangile.

Il parle, il parle vraiment de tout, de lui et de son œuvre, sans fausse pudeur ni vaine gloire, et du Seigneur : Lui qui a fait sa vie, qui continue de la faire ; Lui qu’il aime et sert, même s’il ne comprend pas, de lui qu’il espère et qu’il prie, malgré tout, malgré son silence, devant les femmes violées et les enfants soldats, les vies gâchées et la grande guerre qui, après le génocide au Rwanda, a déchiré toute la région.

Le point de vue, bien sûr, est partiel, c’est celui d’un missionnaire, plus tout jeune, et d’un Européen. Reste que l’auteur connaît son sujet, il a longuement écouté plusieurs missionnaires ; et les frères plus âgés qui ont œuvré là-bas ou pas loin, entre les années 1970 et 1990 en témoignent : Ça   sonne terriblement vrai, tout ce qu’il raconte – les joies comme les peines ; le décalage entre l’Afrique et l’Europe, la difficulté de rentrer ; les splendeurs et les abominations ; les doutes et cette foi parfois si nue et si pauvre, à certaines heures qui ne prend plus la forme que d’une supplique ou d’un point d’interrogation.

Ce n’est qu’une pièce de théâtre, sans doute, mais une œuvre vraie, et une œuvre belle ; les applaudissements longs, nourris et graves qui suivirent le montrent assez. Espérons qu’elle continuera, longuement, à interroger les cœurs et les consciences, et d’abord les nôtres, frères prêcheurs, qui sommes appelés, nous-aussi, peut-être sous d’autres formes et en d’autres lieux, à la mission.

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Frères étudiants dominicains de Fribourg en visite au couvent de Genève

fr. Grégoire Laurent Huyghues Beaufond

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Nouvelle page sur le site !

En cette année jubilaire, les frères étudiants vous proposent cette nouvelle page.
Nous espérons ainsi vous faire découvrir quelques trésors de notre patrimoine spirituel.

 

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Salve dominicain

L’antienne du Salve dominicain

Dès ses origines l’Ordre a une dévotion particulière envers le Vierge Marie, mère de Dieu. Puisqu’elle est la Reine des Apôtres, un modèle pour la méditation des paroles du Christ et pour la docilité dans l’accomplissement de sa mission propre. L’Ordre se plait ainsi à invoquer le patronage de celle qui fut « la grande protectrice de ses débuts…, et dont on espère qu’elle le conduira à bonne fin » (Humbert de Romans). Cette hymne mariale est chantée habituellement à la fin des complies ou des Vêpres et lors du décès d’u frère.

La partition

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En musique et en image

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Les JMJ 2016 à Cracovie avec les frères dominicains de Lyon

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Pour des JMJ dominicaines avec le diocèse de Lyon et les frères dominicains de Lyon : rejoins le groupe des dominicains de Lyon. Toutes les infos sur : http://jmj.tabella.fr

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Le clip du Jubilé de l’ordre des Prêcheurs

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La communauté comme un corps

Il y a aujourd’hui – c’est très facile à le remarquer – une tendance à beaucoup parler du « monde contemporain » – de le voir comme instable, dégradé, en perte de repères. Mais peut-être ne pense-t-on jamais que nous faisons tous partie de ce « monde contemporain ».

Fréquemment, en pensant au terme de « communauté », on essaye seulement de connaître et de s’approprier ce que signifie ce terme. Mais je ne pense pas que cette connaissance, cette appropriation d’un « terme » puisse suffire nous aider à créer une communauté, à rassembler une vraie communauté. Pourquoi ? À cause du « monde contemporain » tel qu’il est. De fait nous sommes appelés à créer une communauté totalement différente de celle du « monde contemporain ».

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Dans l’Évangile selon saint Jean, Jésus dit : « Je suis la vraie vigne… Demeurez en moi, et moi en vous. Comme le sarment ne peut de lui-même porter du fruit, s’il ne demeure uni à la vigne, ainsi vous ne le pouvez non plus, si vous ne demeurez en moi.» (Jn 15, 1-4). C’est très important pour nous aujourd’hui. Sans l’intimité avec le Christ nous ne pouvons pas donner des fruits d’amour, de compassion, de discernement du « monde contemporain« . Pour être plus sensibles, plus conscients, il nous faut découvrir et reconnaître Jésus vivant qui demeure en nous et parmi nous. Jésus nous dit: « Où deux ou trois sont assemblés en mon nom, je suis là au milieu d’eux. » (Mt 18,20). Là où se trouvent ceux qui cherchent Jésus, existe la communauté.

En vivant dans une communauté, nous nous éprouvons les uns les autres comme frères et sœurs.

Je pense que, pour faire évoluer une communauté, il faut mettre en œuvre six pratiques de la vie commune: 1. partager l’espace commun (pas seulement l’espace matériel, mais aussi l’espace spirituel), 2. partager les soucis de la vie quotidienne, 3. observer les préceptes (la règle), 4. parler de tout ce qui peut nous aider à renforcer l’harmonie, 5. partager ses idées, ses pensées, ses aptitudes, 6. respecter les opinions des membres. La communauté qui a comme fondement tous ces principes peut vivre heureuse, paisible. Cette communauté aide tous ses membres à grandir, à se perfectionner. La croissance de chacun est en effet un des plus grand buts de la communauté. Dans une communauté, nous ne formons pas seulement notre esprit, notre intellect, mais, en voyant les autres, nous formons notre sens de la fraternité, nous enrichissons la communauté de tout ce que nous avons de personnel, de tout ce que nous avons en propre que nous pouvons partager aux autres et pour les autres.

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Dans la communauté, si tu te trompes, tu es critiqué, tu es corrigé et grâce à tout cela tu grandis. Mais cependant tu restes toi-même. C’est toi qui peux enrichir la communauté et c’est la communauté qui peut t’enrichir et te faire grandir.

Nous pouvons tous, rassemblés dans une communauté, découvrir et donner toutes ses dimensions à notre essence humaine. Ensuite notre communion devient un corps d’amour et synergie. C’est un organisme vivant, où toutes les cellules sont essentielles. Dans une communauté, nous sommes tous un. Notre joie et notre salut ne sont possibles que dans cette communion.

Frère Jokūbas-Marija Goštautas, o.p.

Article dans sa version originale en lituanien

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BENDRUOMENĖ – TAI KŪNAS

(cet article est écrit en lituanien : retrouvez ici sa traduction)

Tenka pastebėti, kad dabar labai madinga yra kalbėti apie  taip vadinamą „šiandieninį pasaulį“ – koks jis blogas, sugedęs, nemąstantis. Bet turbūt visiškai neatkreipiame dėmesio, kad ir patys esame to „šiandieninio pasaulio“ dalis.

Kalbėdami apie bendruomenę, dažniausiai mėginame suprasti ir įsisąmoninti šio „termino“ reikšmę. Tačiau kažin ar šis „termino“ įsisąmoninimas padės sukurti bendruomenę, suburti ją. Kodėl? Todėl, kad toks yra „šiandieninis pasaulis“! Visgi mes esame pašaukti kurti visai kitokią bendruomenę, negu ją įsivaizduoja „šiandieninis pasaulis“.

repas avec les freres de l'albertinumEvangelijoje pagal Joną Jėzus sako: „Aš esu tikrasis vynmedis… Pasilikite manyje, tai ir aš jumyse pasiliksiu. Kaip šakelė negali duoti vaisiaus pati iš savęs, nepasilikdama vynmedyje, taip ir jūs bevaisiai nepasilikdami manyje“ (Jn 15, 1-4). Tai labai artima mums šiandien. Be sąmoningumo Kristuje negalime duoti meilės, supratimo ir išsilaisvinimo iš „šiandieninio pasaulio“ vaisių. Kad būtume supratingesni ir širdingesni, privalome savyje pažinti, atrasti gyvąjį Jėzų. Jis sakė: „Jei du ar trys susirinks mano vardu, ir aš būsiu jų tarpe“. Reikia nors  keleto Kristaus ieškančių žmonių, kad jie galėtų pasivadinti bendruomene.

Gyvendami bendruomenėje, mes patiriame vienas kitą kaip brolius ar seseris. Manau, kad kuriant bendruomenę, reikia atlikti šešias bendrystės praktikas: dalytis erdve (ne tik gyvenamąja, bet ir dvasine), svarbiausiais kasdienio gyvenimo dalykais, laikytis vienodų priesakų, kalbėti tik apie tai, kas padeda stiprinti darną bendrijoje, dalytis savo įžvalgomis, suvokimais bei gabumais, gerbti kitų bendrijos narių nuomonę. Tokiais principais grindžiama bendruomenė visada gyvena laimingai, taikiai bei padeda augti kiekvienam bendrijos nariui. O kiekvieno augimas yra vienas iš pagrindinių bendrijos tikslų! Bendrijoje mes ugdome ne tik savo dvasią, intelektą, bet, žvelgdami į kitus, ugdome ir savo gabumus, kuriuos papildome tuo, ką turime asmeniško – tuo, kas priklauso tik mums.

IMG_0021Bendruomenėje tu tai gali! Bendruomenėje tu suklysti, esi kritikuojamas, bet visgi tu augi. Tik nepamiršk, kad tu – esi TU. Gali ne tik tai pasiekti, bet ir dar daugiau! Tas „daugiau“ vėlgi papildo bendruomenę bei padeda augti kitiems.

Susibūrę į bendruomenę, mes galime atskleisti savo individualią esatį – mūsų sąjunga tada tampa vienu meilės ir supratimo kūnu – visapusiškai funkcionuojančiu organizmu, kur ląstelės viena kitai yra gyvybiškai svarbios . Mes BENDRUOMENĖJE visi ESAME VIENA. Mūsų džiaugsmas ir, apskritai,  mūsų išganymas yra įmanomas tik bendrystėje.

Brolis Jokūbas-Marija Goštautas o.p.

Article en français

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Rosaire 2015 – La joie de la mission, la grâce de la prédication – #OPLourdes

IMG_0213« Mes collègues ne comprennent pas que je puisse venir en vacances ici, mais s’ils savaient combien cela repose l’esprit de servir les malades ! » confiait une hospitalière du pèlerinage du Rosaire, habituellement fonctionnaire aux impôts. C’est bien un des paradoxes de Lourdes : on donne beaucoup mais on reçoit davantage.

Collégiens, lycéens (dont ceux du Lycée st Thomas d’Aquin d’Oullins emmenés par le frère Jean-Baptiste), malades, hospitalières, brancardiers, simples pèlerins ou frères et sœurs dominicains ont ainsi répondu à l’appel que Marie avait lancé à Sainte Bernadette il y a plus de 150 ans : venir en pèlerinage à Lourdes.

Via le hashtag #OPLourdes, le pèlerinage était bien présent sur les réseaux sociaux, au point que l’animateur de télévision Nikos Aliagas a tweeté sur le Rosaire !


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Pour les frères étudiants le Rosaire est l’occasion d’une expérience apostolique riche mais également un moment de rencontre fraternelle avec les frères et Soeurs d’autres couvents.

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Frères et soeurs en formation des provinces de France et de Toulouse au Rosaire 2015

Nous repartons vers Lyon dans l’attente de revoir chacun des pèlerins, au plus tard l’an prochain à Lourdes.

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Etudier la théologie à Fribourg

La province dominicaine de France a pris la décision, lors de son dernier chapitre célébré l’hiver dernier, d’envoyer les frères étudiants, après un premier temps au couvent de Lyon, poursuivre leur formation en Suisse.

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Les frères dominicains de la communauté de saint Hyacinthe à Fribourg

Nous voici donc, en cette rentrée 2015, huit frères étudiants à partager notre temps entre le couvent Saint Hyacinthe et la faculté de théologie de l’université de Fribourg, sans compter l’un ou l’autre service auprès des enfants à l’école du quartier et dans la paroisse. La présence dominicaine est solidement ancrée dans la ville, avec deux couvents – saint Hyacinthe et l‘Albertinum – où vit, étudie, travaille et prie une trentaine de frères, venant du monde entier : de France, donc, de Suisse bien sûr, aussi de Pologne, un croate et deux tchèques, frères d’Irlande ou d’Allemagne, ou venus de régions plus lointaines, l’Inde à l’est et à l’ouest, les Amériques. Grande diversité des cultures et des langues : le français – heureusement pour moi ! – est la langue d’usage dans la vie quotidienne des frères, mais il n’est pas rare, au détour d’un couloir, à la sortie de l’office ou au réfectoire, d’échanger ou d’entendre quelques mots d’allemand ou d’anglais.

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Les frères au réfectoire du couvent de saint Hyacinthe à Fribourg

La Suisse en général, et les frères en particulier, sont rompus au multilinguisme et savent traduire – en toute langue et dans la pratique – le verbe accueillir. Diversité qui se double de celle, aussi, des activités et des centres d’intérêt : les uns sont encore étudiants en premier cycle ou en doctorat, d’autres assument des charges pastorales et apostoliques, un bon nombre, aussi, enseigne à l’université. Le seul couvent de Saint Hyacinthe compte, outre une dizaine de frères aux études, deux dogmaticiens et trois biblistes, le liturge y voisine avec l’official du diocèse ; celui-ci est résolument tourné vers le monde des artistes, quand celui-là s’occupe de missionnaires envoyés dans le monde entier et des rosiers du jardin que viennent, et il s’en désole, régulièrement brouter quelques biches peu farouches. Que cela soit au couvent ou à l’université, on perçoit et l’on vit la dimension universelle de l’Ordre des Prêcheurs et de sa mission, et s’ouvrent des horizons ; que cela soit au couvent ou à l’université, des frères forment des frères et tâchent, ensemble, de contempler, vivre et prêcher la Miséricorde du Père. Diversité, certes ! mais nous portons le même habit et, à l’office, malgré quelques fausses notes, nous unissons nos voix pour dire l’union des cœurs et pour prier un même Seigneur.

fr. Grégoire Laurent-Huyghues-Beaufond, op

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